Le terroir des vins de Graves
Graves. D’un mot surgit un sol, jaillit un vin, naît un monde. De toutes les
appellations viticoles françaises, celle des Graves est la seule qui ait épousé son
terroir au point de lui prendre son nom. On ne pouvait rêver meilleur certificat
d’origine. Autant le dire : les Graves ont une traçabilité toute trouvée et les Crus
Classés sont la quintessence des Graves.
Reste qu’elle ne date pas d’hier, si l’on veut bien admettre que les torrents furieux et
les glaciers gigantesques, qui ont charrié depuis les Pyrénées ces tonnes de cailloux,
de limons, de pierres, de silex et de sables, ne sont pas nés de la dernière averse. Il a
fallu des millions d’années pour que se constitue ce mille-feuilles mystérieux, fait de
nappes alluviales déposées en terrasses, sur un socle calcaire issu de l’ère tertiaire.
Autant dire que coule aujourd’hui dans le verre un peu d’oligocène, à tendance coquillère…
Mais il y coule surtout du vin, depuis qu’un pape gascon, Clément V, un
parlementaire novateur, Arnaud de Pontac, et un philosophe éclairé, Montesquieu,
eurent compris que ces cailloux étaient bénis des dieux. Chacun à sa façon eut
l’intuition qu’il n’est bon vin que de bon terroir, et que le leur était précisément ce
qu’il fallait pour la vigne. Les Graves étaient bordelais, lieu d’identification d’un vin
spécifique. Les Graves sont ainsi le berceau des grands vins de Bordeaux.
Leur situation privilégiée aux portes de la ville a accentué le phénomène, en l’épiçant
d’une sorte de capillarité affective. Car aujourd’hui, si la visite des chais à
l’architecture tout aussi éclectique que passionnante n’est plus qu’à une portée de
tramway, la vigne, poumon de verdure de la ville résiste au bétonnage intempestif.
Depuis sa création il y a plus de 20 ans, l’appellation Pessac-Léognan s’est lancée
dans la reconquête de ses sols et a largement doublé son territoire grâce à
l’opiniâtreté d’un groupe d’hommes dynamiques.
La fidélité au terroir, à un encépagement dont les vertus sont attestées par des siècles
de pratique, à des façons culturales issues d’une longue tradition, à une soumission à
la nature sans quoi le vin devient un produit industriel parmi d’autres, a permis de
conserver un style contre vents et marées. Ce style se résume en un seul mot : élégance.
Cette fidélité se retrouve dans la structure même des domaines. Les Crus Classés de
Graves sont restés des propriétés familiales, où l’on vit, on habite et on reçoit.
Les graves : Un terroir bien specifique
Les vignobles des Crus Classés de Graves sont plantés sur un terroir bien spécifique,
qui possède pour tous la même origine géologique. Il s’agit de couches de terres
alluviales, sableuses et caillouteuses, qui se sont déposées à cet endroit, après les
grandes glaciations. Ces cailloux ont été roulés par les fleuves et les rivières, depuis
les Pyrénées et le Massif Central, principalement la Garonne et ses affluents, qui
étaient alors des torrents furieux et boueux.
Ce sol de graves a été formé à la fin de l’ère tertiaire et au début de l’ère quaternaire.
Il s’est déposé sur un socle de roche calcaire plus ancien, qui constitue un sous-sol
commun à de nombreux vignobles de Gironde. Par la suite, l’érosion a formé les
fameuses « croupes » de graves, c’est à dire d’humbles coteaux d’une terre pauvre,
mais chaude et filtrante, facile à cultiver, qui s’est avérée un berceau remarquable
pour la vigne. Fait notable, ce terroir correspond aussi bien à la production de grands
vins rouges, que de grands vins blancs.
Pour autant, d’un cru à l’autre, on trouvera des graves plus ou moins sèches, plus ou
moins profondes, plus ou moins argileuses, plus ou moins sableuses; on trouvera
aussi des affleurements calcaires, et des formations de terrasses plus ou moins
élevées, de sorte que chaque cru peut se prévaloir d’un terroir particulier. Selon la
nature du sol, de la vigne (blanche ou rouge), du cépage et du porte greffe, la
personnalité du vin issu de ce terroir complexe évoluera avec des différences parfois
marquées d’un cru à l’autre.
Parcourant à cheval les Graves en 1677, le philosophe anglais John Locke observe que
« le sol, dont on croirait qu’il ne peut rien produire , est composé de sable blanc, mêlé
d’un peu de gravier ». Cette constatation a été faite devant Haut-Brion, que le
voyageur désigne par l’expression « les vignes de Pontac ». Ces sables blancs seraient
d’origine éolienne, et ont été poussés par des vents de tempête, il y a trente mille ans,
depuis les plages de l’Atlantique jusqu’à l’intérieur des terres. Ils se sont déposés en
nappe par dessus les alluvions descendues des montagnes, et ont ainsi constitué, en
surface, la dernière partie du mille-feuille géologique des grands crus de Graves.
A ce terroir singulier s’ajoute un climat particulièrement tempéré, avec des saisons
marquées, une pluviométrie de l’ordre de 700 à 800 millimètres d’eau par an en
moyenne. La proximité de la forêt des Landes, énorme réservoir de chaleur pendant
l’été, pourrait expliquer la précocité des vignobles de Graves, particulièrement ceux
qui sont proches de l’agglomération bordelaise. C’est en tout cas sur ces terres,
qu’invariablement, tous les ans, sont donnés les premiers de coups de sécateurs des
vendanges.
|
Les vins de Graves
Les chateaux classés des vins de Graves
Découverte du vignoble Bordelais
Le terroir des Graves
Economie des vins de Graves
Cepages des vins de Graves ?
Qualité des vins de Graves - les crus classés
|